Nucléaire : Orano obtient 900 M$ du Département de l’Énergie américain
Le spécialiste français de l'uranium va bénéficier d'un soutien financier du gouvernement américain pour développer une nouvelle capacité d’enrichissement d’uranium aux États-Unis. S’inscrivant dans la stratégie d’Orano d’augmentation de ses capacités d’enrichissement, le projet IKE est complémentaire du projet d’extension de l’usine Georges Besse 2 en cours de construction sur le site du Tricastin dans la Drôme et qui prévoit une augmentation de 30 % de la capacité d’enrichissement.
En misant sur l’enrichissement de l’uranium au cours des dix prochaines années, le gouvernement américain cherche à réduire la dépendance des États-Unis à l’égard de l’approvisionnement russe, sachant que l’importation d’uranium d’origine russe sera interdite à partir de 2028 aux Etats-Unis.
L'entreprise lyonnaise REEL s’implante aux Etats-Unis
REEL, leader mondial des systèmes de levage et de manutention basé à Lyon, a annoncé l'ouverture d'une nouvelle installation de production de 3700 mètres carrés à Springfield, dans l'Illinois, sous sa filiale REEL USA CORP.
Springfield devient le deuxième site de REEL aux États-Unis, après l'ouverture de celui de Mobile, en Alabama, en 2015, mais la 1ère usine de fabrication.
Cette expansion augmentera considérablement la capacité nord-américaine dans la fabrication d'équipements de levage pour l'énergie et renforcera la capacité de REEL à répondre à la demande croissante des clients pour des solutions complexes et sur mesure. L'accent principal sera mis sur les projets nucléaires et hydroélectriques aux USA.
Des images du chantier de déconstruction des tours aéroréfrigérantes de GB1 à Tricastin
Pendant près de trois décennies, leurs silhouettes monumentales ont dominé le paysage rhodanien. Depuis avril 2025, les deux tours aéroréfrigérantes de 123 mètres de haut et 90 mètres de diamètre d'Orano Tricastin entament une déconstruction méticuleuse, marquant la fin d'une époque pour l'usine d'enrichissement d'uranium Georges Besse, exploitée par Eurodif Production, à l'arrêt depuis 2012.
Plusieurs scenariis de déconstruction des Tours du Tricastin ont été envisagés, c’est finalement la technique dite de “grignotage” qui a été validée.
Guillaume Vossier, chef de projet au sein d’Orano Démantèlement et Services, nous explique en vidéo les différentes étapes de la démolition des tours emblématiques du Tricastin.
Des images du chantier de remplacement des 4 GV du réacteur 2 de Flamanville
520 tonnes. Quatre fois. Et une seule chance de bien faire. À EDF, le remplacement des quatre générateurs de vapeur de l’unité 2 de la centrale nucléaire de Flamanville est une opération lourde et rare à l’échelle d’un réacteur :
➡️ 4 générateurs de vapeur de 520 t
➡️ 8 mois d’arrêt
➡️ 11 000 opérations de maintenance
Ce type de chantier rappelle une réalité simple : le nucléaire repose d’abord sur la maintenance, l’ingénierie et les compétences terrain. Rien de spectaculaire. Juste ce qui permet à un outil industriel de continuer à fonctionner.
Ukraine and Poland discuss Khmelnitsky expansion plans
L’Ukraine et la Pologne discutent de l’’expansion de la centrale nucléaire ukrainienne de Khmelnitsky. Ces discussions s’inscrivent dans le cadre de la Convention Espoo des Nations Unies, qui vise à garantir une consultation lorsque les plans d’un pays pourraient avoir un impact environnemental au-delà de ses frontières.
L’Ukraine dispose de 15 réacteurs, capables de produire la moitié de son électricité, dans 4 centrales nucléaires existantes, dont la centrale de 6 unités de Zaporijia qui est sous contrôle militaire russe depuis début mars 2022. Le pays prévoit au moins 9 unités Westinghouse AP1000, dont les deux nouvelles prévues à Khmelnitsky, de technologie américaine.
Licensing of Newcleo's SMR progresses in France
La start-up Newcleo a soumis le dossier d'options de sureté (DOS) de son AMR à neutrons rapides refroidi au plomb à l’ASNR.
La feuille de route de Newcleo prévoit que le premier prototype précurseur non nucléaire de son AMR sera prêt d’ici 2026 en Italie et le premier réacteur opérationnel en France dès 2032, tandis que la décision finale d’investissement pour la première centrale commerciale est prévue vers 2029.
Parallèlement, Newcleo investira directement dans une usine mixte d’uranium/oxyde de plutonium (MOX) pour alimenter ses réacteurs. Elle a lancé des processus d’acquisition de sites et de consultation publique en France pour la ligne pilote de montage de carburant MOX à Nogent sur Seine.
Nucléaire : en Belgique, EDF challengé par Westinghouse et OPG
Depuis que la Belgique a décidé de revenir au nucléaire, EDF s'intéresse de près à la reprise des actifs locaux d'Engie, qui souhaite sortir de l'énergie atomique pour se concentrer sur le gaz et les renouvelables. Selon le média La Lettre, l'énergéticien français n'est toutefois pas le seul à s’intéresser au parc nucléaire belge. L'américain Westinghouse et le canadien Ontario Power Generation (OPG) ont profité du déplacement à Paris du ministre belge de l'énergie, Mathieu Bihet, à l'occasion de la World Nuclear Exhibition (WNE) en novembre, pour le rencontrer.
Sur les 7 réacteurs que compte le pays, les 3 entreprises étudient la reprise de Doel 4 et Tihange 3, deux réacteurs prolongés à minima jusqu'en 2035 après de longues négociations entre le gouvernement et Engie.
La France atomise (encore) son record d'exportation d'électricité annuel
C’est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle : la France confirme la bonne forme de ses capacités de production d’électricité, mais aussi son incapacité à électrifier ses usages.
✅ Ces exportations ont rapporté à la France plus de 5 milliards d’euros. Au total, la production électrique a augmenté de 1 % par rapport à 2024 avec un total de 544 TWh, dont 95 % décarbonés.
❌ Mais la consommation électrique ne décolle toujours pas. L’absence de hausse de la consommation électrique française pourrait remettre en question les objectifs de décarbonation française, et même les projets de nouvelles capacités à court terme, comme le solaire et l’éolien, et sur les capacités à moyens terme décaler le calendrier de construction des EPR2.
Arabelle Solutions décroche le contrat des turbines pour la première centrale nucléaire polonaise de 3750 MW
Arabelle Solutions, filiale d’EDF fournira trois ensembles de turbines à vapeur et de générateurs pour la 1ère centrale nucléaire polonaise de Choczewo. Ce contrat s'inscrit dans l'ambitieux programme polonais visant à installer 15 GW de capacité nucléaire, représentant environ 30 % du mix énergétique polonais.
Arabelle Solutions a été sélectionnée par le consortium américain Westinghouse-Bechtel qui va construire cette centrale, pour le compte de Polskie Elektrownie Jadrowe (PEJ), la société publique polonaise responsable de la construction. Les travaux doivent débuter en 2026, et le premier réacteur, d’une puissance de 1250 MW, doit entrer en service en 2033. Le pays prévoit de construire trois sites nucléaires comprenant chacun trois réacteurs.
Neoen et RTE testent le grid forming sur une batterie de 92 MW en Bretagne
Neoen, producteur français d’énergie renouvelable, a signé un contrat avec RTE pour tester la technologie grid forming sur sa future batterie bretonne. Cette expérimentation constitue une première en France pour le réseau de transport d’électricité. Cette batterie, ayant le nom flatteur de « Breizh Big Battery » (BBB), actuellement en construction dans le Finistère, affiche en réalité une capacité modeste de 92 MW / 183 MWh.
Le « grid forming » est différent du « grid following », qui est actuellement le mode des batteries installées jusqu'à présent. Avec le « grid forming », les batteries stabilisent la tension et la fréquence de manière autonome, sans source de référence externe, permettant une réaction instantanée aux perturbations externes. C’est ce que l’on appelle un « dispositif de services système fréquence » (SSyF).
La Cour des comptes préconise de lever les freins structurels à la géothermie en France
L’institution qualifie cette énergie de « locale, renouvelable, décarbonée et disponible en continu » et estime qu’elle « dispose d’atouts majeurs pour la transition énergétique ».
Malgré ces caractéristiques, la filière reste marginale ds le mix énergétique national avec environ 1% de la consommation finale de chaleur. Or, la chaleur représente 45% de la consommation finale d’énergie, et 73% de cette chaleur est issue de sources fossiles. Ce qui rend incompréhensible le peu de volonté politique pour cette énergie.
La Cour des comptes identifie les obstacles à son développement et formule des recommandations pour accélérer le déploiement de cette énergie bas carbone pilotable.
Meta announces 'landmark' agreements for new nuclear
Meta signe des accords avec Vistra, TerraPower et Oklo pour 6,6 GW de capacité nouvelle et existante d’ici 2035, devenant ainsi l’un des plus importants acheteurs d’énergie nucléaire des USA. Ce n’est pas un hasard si les géants du numérique investissent massivement dans le nucléaire : la bataille de l’IA et des data centers est devenue une bataille de l’accès à une électricité fiable, pilotable et bas carbone.
On peut se poser la question « faut-il des data centers ? », ou même « l’IA est t-elle utile ? ». Mais que l’on trouve cela bien ou non, l’IA se développe et des data centers se construisent partout dans le monde… alors la vrai question est « voulons-nous que ces data centers soient alimentés avec de l’électricité carbonée ou décarbonée ? ».
Chinese SMR completes non-nuclear steam start up test
Le démonstrateur du SMR chinois ACP100, également appelé Linglong-1, en cours de construction à Changjiang sur l’ile de Hainan, a réussi son essai de turbine lors de la 1ère tentative le 23 décembre, a annoncé CNNC (China National Nuclear Corporation).
Ce SMR alimentera en électricité et en chauffage les 526 000 habitant de l’ile. Le Linglong-1 est en effet capable de cogénaration, offrant ainsi des services de production d’électricité, de chaleur et vapeur, ou de déssalement de l’eau de mer. Cet exemple concret illustre le fait que les SMR et AMR permettent d’élargir l’offre nucléaire et de répondre à des nouveaux besoins, en complément des réacteurs de forte puissance. Ils offrent d’autres usages que la seule production d’électricité, adaptés aux enjeux actuels et futurs de la décarbonation.
BWRX-300 to be considered for deployment in Bulgaria
Blue Bird Energy, une société bulgare spécialisée dans le déploiement des SMR, crée une coentreprise avec la société polonaise Synthos Green Energy (SGE) pour construire une flotte allant jusqu’à six réacteurs BWRX-300 en Bulgarie. Le BWRX-300 est un petit réacteur modulaire (SMR) de 300 MWe, développé par l’entreprise américano-japonaise GE Hitachi Nuclear Energy.
Avec cette annonce, la Bulgarie rejoint les États-Unis, le Canada, la Pologne, la Hongrie, La Suède, et d’autres pays qui déploient ou envisagent cette technologie américano-japonaise GE Hitachi.
Ce qui est navrant, c’est que tous ces partenariats conclus par des pays membres de l’UE le sont avec des pays hors UE....
La France a frôlé deux fois le blackout cette année
Le 1ᵉʳ avril et le 23 octobre 2025, le réseau électrique français a frôlé le blackout. En quelques minutes, la production d’électricité solaire et éolienne a chuté de 10 puis 8 GW, l’équivalent de 10 réacteurs nucléaires.
Ces deux jours où la France a frôlé le blackout ont été déclenchés par un signal de prix négatif sur le marché spot. Les centrales photovoltaïques et éoliennes ont alors réduit leur production d’un coup, faisant vaciller la fréquence hors de son équilibre à 50 hertz.
Pour éviter que ces incidents ne se reproduisent, RTE entend contraindre les ENR à participer à l’équilibrage, et veut aussi que les renouvelables (de plus de 10 MW) rendent des services actifs au réseau, et ce dès le 01/01/2026.